Lundi 2 février 2009
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Texte proposé par Jacques BERT, militant NPA du Collectif de Villefranche-sur-Saône.
La Société actuelle condamne le simple citoyen à n’être qu’un producteur-consommateur dont le rapport au social se résume à travailler pour consommer sans jamais
s’impliquer dans les organismes, institutions, services administratifs divers et entreprises qui organisent pourtant son mode de vie, la gestion de son temps personnel, de ses déplacements, et
bien d’autres choses encore (gestion de ses ressources financières, de ses loisirs, de ses désirs d’achat, de son rapport à l’art et à la culture, etc, (les exemples sont trop nombreux pour être
tous cités ).
Ce mode de vie et cette organisation de la Société sont aliénants et emprisonnent l’individu en l’engageant, presque dès sa naissance, dans un parcours forcé au
cours duquel il maîtrise très peu de choses. Le destin de la plupart d’entre nous se joue donc en dehors de notre volonté et cela est inacceptable : l’être humain est né pour être libre de
ses choix, de ses opinions et de son mode de vie dès l’instant où sa capacité de jugement lui permet de décider lui-même de son sort.
Il y a cependant une condition indispensable à l’exercice de cette autonomie (du grec auto : soi-même et nomos : loi), c’est d’être capable de l’assumer
en tant que citoyen responsable, conscient de ses droits mais aussi des devoirs qu’il a envers les autres humains et envers la nature tout entière.
Il y a donc une prise de conscience à vivre concrètement, par des actes, pour passer du statut de producteur-consommateur (qui, en échange de son travail et de ses
revenus, n’attend qu’une contrepartie sans engagement) au statut de citoyen autonome responsable. Le producteur-consommateur n’est pas un citoyen autonome responsable et c’est lui qui, par son
comportement, entretient son statut de prisonnier aliéné.
Au sein de notre mouvement, nous devrions proposer à nos militants, par l’exercice de la démocratie participative autogestionnaire, de devenir des citoyens
autonomes responsables. Au sein de ce mouvement, il ne devrait pas pouvoir y avoir de simples " adhérents ", mais que des " militants " qui devraient s’engager mentalement et
physiquement dans la gestion de la vie du parti, de leur quartier, de leur ville ou de leur village, dans le contrôle des décisions prises par les institutions, services, administrations qui ont
une incidence sur leur présent comme sur leur avenir.
Il s’agit de remplacer une attitude passive par une attitude active en interagissant avec tous ceux (personnes ou groupes sociaux) qui peuvent modifier le
destin personnel de chacun.
Notre mouvement proposerait donc ainsi de commencer par changer l’homme pour changer la Société car toutes les tentatives inverses ont échoué et le
degré d’aliénation de l’individu, impliqué par les structures sociales et les régimes politiques qui ont été expérimentés dans l’Histoire, n’a jamais permis l’apparition d’une majorité de
citoyens autonomes et responsables.
Pour changer la Société, ses structures et son mode de fonctionnement, pour rendre chacun maître de son destin, commençons par changer l’Homme. Et la Société s’adaptera d’elle-même à sa nature
profonde.
Voilà qui donnerait certainement à un grand nombre, en particulier à ceux qui sont déjà autonomes et responsables ainsi qu’aux jeunes qui rêvent d’une autre Société, l’envie de
nous rejoindre, pour participer à l’élaboration de la structure et des règles de fonctionnement de notre parti. Quant aux autres, on peut leur dire qu’il n’est jamais trop tard pour briser
ses chaînes et que nous comptons sur eux pour nous y aider en brisant les leurs.