npa-69-villefranche
Nouveau Parti Anti-capitaliste
Groupe de Villefranche-sur-Saône
Fonctionnement du parti : militants, adhérents, ou 3ème voie ?
Allez je me lance, je propose ma contribution au débat. Pour une première ce ne sera pas sur le fond mais plutôt sur des questions d'organisations.
Même si évidemment il ne s'agit pas de plaquer une organisation sur un parti qui n'existe pratiquement pas encore, la question se posera un jour ou l'autre de savoir quel mode de fonctionnement nous devons adopter.
Pour le moment deux "grands" type de fonctionnement existe :
- Les partis de Militants (à l'image de la LCR par exemple) dans lequel ne peuvent réellement prendre part aux décisions que les personnes qui ont milité.
- Les partis d'adhérents (à l'image du PS par exemple) dans lequel tous les adhérents à jour de leur cotisation peuvent participer aux décisions.
Nous pouvons imaginer un fonctionnement disons intermédiaire ou par exemple le parti est ouvert au plus nombre en terme de participation, mais ceux qui peuvent prendre part aux décisions sont ceux qui ont contribués au fonctionnement du parti.
Pour ma part, la difficulté que je vois à ce dernier mode de fonctionnement est le coté moyennement démocratique, en effet celà revient un peu à dire que l'avis des personnes qui n'ont pas participés au parti ne peut pas compter de la même façon, ce coté là me gène
Je pense que ces questions, pas encore tranchée évidemment, se poseront et peut-être qu'en fonction de "l'état" du parti à ce moment là les choix s'imposeront plus ou moins à nous. En effet ce n'est pas la même chose de discuter et de prendre des décisions à 30 ou 40 et à 200 ou 300.
Sébastien
Une réponse de Jacques B. du groupe NPA de Villefranche-sur-Saône :
Ce problème est intéressant car c’est celui de la délégation de pouvoir, donc de la représentativité, et qu’on le retrouve à tous les niveaux de la vie politique.
Si on prend l’exemple d’une association type 1901 ou d’un club, il paraît normal à tous le monde que les adhérents soient consultés pour approuver ou rejeter l’action de l’exécutif à l’occasion des assemblées générales mais il paraît tout aussi évident que les adhérents ne peuvent pas tous être consultés pour prendre les décisions qui assurent le fonctionnement de l’association ou du club au quotidien.
Dans le cas d’un club de foot ou de rugby, ceux qui sont dans l’action au moment des matchs ne peuvent pas prendre le temps de consulter les dirigeants sur ce qu’ils ont à faire quand ils sont sur le terrain. Quant à l’exécutif du club, il ne consulte pas les supporters sur les orientations stratégiques à prendre.
Si on prend ces exemples pour expliquer la gestion d’un parti politique, on faire la même différence entre électeurs, adhérents, militants et membres de l’exécutif qu’entre supporters, membres du club, joueurs et membres de l’exécutif. Selon ce schéma, on peut trouver normal de ne pas donner le même pouvoir d’intervention dans les décisions selon le niveau d’implication de chacun.
Il serait quand même un peu facile, pour ne pas dire dangereux, de donner aux adhérents un pouvoir de décision équivalent à celui des militants, ce qui n’enlève rien à l’intérêt, si ce n’est à la nécessité, de leur consultation avant la prise de décisions stratégiques importantes. En effet, on peut très bien imaginer qu’un parti qui donne aux adhérents un réel pouvoir de décision soit victime d’une " OPA " d’un parti adverse qui infiltrerait la base du parti et lui ferait prendre ainsi des décisions qui profiteraient à ses adversaires. Il paraîtrait encore plus aberrant que des gens qui n’ont pas leur carte de membre puissent intervenir dans les décisions parce qu’ils constituent l’électorat du parti.
Il paraît donc nécessaire que le pouvoir de décision soit confié aux militants, soit directement, soit par un système représentatif, et que les adhérents n’aient qu’un statut consultatif. De la même façon, il ne paraît pas aberrant que les électeurs soient consultés pour que le parti connaisse leurs désirs, sans pour autant que cela leur confère un droit d’intervention dans la politique du parti.
On retrouve le même problème dans le cas du droit de vote des étrangers : on peut très bien soutenir le point de vue selon lequel les étrangers peuvent avoir le droit de vote dans le pays dans lequel ils habitent, travaillent, paient leurs impôts et leurs cotisations sociales. Mais, en toute logique, cela devrait impliquer que les Français qui habitent travaillent et ne paient des impôts qu’à l’étranger perdent leur droit de vote en France et aient le droit de vote dans le pays dans lequel ils travaillent. Et pourtant, cette situation est loin d'être envisageable aujourd'hui.
D’autres soutiendront qu’il est anormal qu’un étranger qui refuse la nationalité française ait le droit de vote, de la même façon qu’il serait anormal qu’un individu qui n’a pas la carte d’un club puisse voter à son assemblée générale ou élire les membres du Conseil d’Administration.
Donc, le problème n’est pas simple mais on peut se poser les questions suivantes : pourquoi donner un pouvoir de décision à des adhérents qui ne militent pas et qui peuvent donc facilement être infiltrés par un parti adverse ? Pourtant, on sent bien que les militants et les organes de décision ne peuvent pas se passer de la consultation des adhérents et même des électeurs, mais cela doit-il aller au-delà ?
Reste à régler ensuite le problème de la prise des décisions selon leur niveau : orientations stratégiques ou actions du parti à tous les niveaux (local, régional, national), ce qui pose le problème des délégations éventuelles de pouvoirs ou de gestion de la démocratie directe. Mais c‘est une autre histoire …
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